L'Echo de la Fabrique : 19 octobre 1834 - Numéro 5

Si l’on peut dire en vérité que la fabrique de Lyon est généralement languissante, il faut ajouter que celle qui a pour objet les châles est anéantie. Voici l’état fidèle du produit d’un métier 6/4 au quart, qui est celui reconnu le plus avantageux. Nous prenons pour base la journée ; on pourra faire ensuite toutes les multiplications qu’on voudra. La journée moyenne est de neuf mille passées. Le mille qui était payé, il y a quelque temps, 80 cent., ne l’est plus aujourd’hui que 55 cent. Ainsi,

9 000 à 55 cent. font 4 fr. 90 c. ; la ½ revient au compagnon, sur laquelle il est obligé de payer la ½ du salaire de son lanceur, soit 40 c., il lui reste 2 fr. 05 c., et au chef d’atelier 2 fr. 45 c.

Sur cette somme il faut déduire 1° l’autre moitié du salaire du lanceur : 40 c.

2° Entretien, usure des harnais, un montage par an, tordage, pliage des pièces, le tout évalué par jour, au plus bas à :80 c.

3° Canetage : 50 c.

4° Couchage du compagnon, du lanceur, prix pour tremper la soupe du lanceur et à la canetière : 20 c.

Total : 1 f. 90 c.

Reste : 55 c.

Cinquante-cinq centimes par jour, pour chaque métier. Mais ce n’est pas tout, il faut bien que le chef d’atelier paye son loyer, à raison de cent francs par croisée et demie emplacement nécessaire par chaque métier ; Il faut bien qu’il se nourrisse et sa famille ; ajoutons encore le chauffage, l’éclairage et l’entretien.

Nous consacrerons un article spécial à ce sujet ; que les parties intéressées, qui auraient des documens, veuillent bien nous les communiquer de suite.

 

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