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1 juillet 1832 - Numéro 36
 
 

 



 
 
    

A propos d’un article extrait du Journal des Connaissances utiles1, le Courrier de Lyon du 26 juin contient d’assez longues réflexions sur les rapports existans entre les fabricans et les ouvriers. Nous avons vu avec une vive sensation de plaisir qu’il rendît justice pleine et entière à la probité, la délicatesse, aux mœurs douces et aux sentimens généreux de ces derniers. Ce langage, quand il s’agit du prolétaire, n’est pas ordinaire dans ses colonnes, et nous l’accueillons comme un véritable progrès. Mais tout en lui sachant gré de s’être amendé à cet égard, n’est-il pas pénible de voir des gens spéciaux, des hommes qui doivent avoir au moins du bon sens, reconnaître que le projet de réunion proposé par le Journal des Connaissances utiles est dans l’intérêt bien entendu de la fabrique de Lyon, rappeler qu’une semblable réunion, il y a 3 ou 4 ans, avait rendu de véritables services à l’industrie pendant sa trop courte existence, et ne trouver d’autres empêchemens à la rénovation de si utiles choses que le [3.2]choix du local et l’espèce de monopole de la parole que peuvent usurper quelques membres !

Il faut avouer que voilà de bien sérieuses objections ; des obstacles bien invincibles ! Nous avouons franchement notre peu d’expérience, mais il nous semble qu’il eût été plus simple de chercher à exploiter dans l’intérêt de tous une idée reconnue utile, et nous présumons que la coopération du Courrier de Lyon eût pu être d’un grand poids pour améliorer le projet de réunion proposé par le Journal des Connaissances utiles. Nous attendrons, en conséquence, des argumens un peu plus sérieux pour les combattre et faire connaître nos vues tout entières, et nous espérons que le Courrier voudra bien, pour une fois, descendreà nous répondre.

Nous nous permettrons, seulement, de lui adresser en finissant une légère observation. Il serait bien qu’il se dispensât de cette aigreur continuelle envers les feuilles dont l’opinion n’est pas la sienne. Que signifie cette diatribe ridicule contre le Précurseur et l’Echo ? A-t-il voulu faire de l’esprit ? En vérité nous n’avions pas cru jusqu’ici qu’il y eût de prétentions. Ignore-t-il, peut-être que l’Echo est le seul des journaux de Lyon qui se réimprime hors la France, et qu’en Angletterre il y est lu avec avidité ? Il est vrai que le Courrier a la mémoire bien courte, car ces deux journaux à qui il reproche amèrement l’oubli des intérêts industriels s’en étaient occupés avant lui. En effet, l’article qu’il cite du Journal des Connaissances utiles a été textuellement copié par cette feuille dans l’Echo du 25 mars dernier. Ce même article parut trois jours plus tard dans le Précurseur. Le Courrier seul n’en dit mot. Espérons au moins que ce ne sera pas nuire aux intentions philantropiques qu’il contient que d’apprendre au Courrier qu’il n’est pas d’origine ministérielle.

Léon F......

Notes (A propos d’un article extrait du Journal des...)
1 L’auteur de ce texte est Léon Favre d’après la Table de L’Echo de la Fabrique (numéros parus du 30 octobre 1831 au 30 décembre 1832).

 

 

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