L'Echo de la Fabrique : 21 octobre 1832 - Numéro 52

 

a messieurs1

FALCONNET, LABORY, MARTINON, BOURDON, PERRET, SORDET ET VERRAT,

prud’hommes chefs d’atelier.

Messieurs,

L’art de répondre sans rien dire n’est pas nouveau, vous l’avez employé dans toute son étendue. Trop haut placés apparemment, vous avez cru devoir, dans votre sagesse, dédaigner les avis de vos amis : vous avez répondu avec fiel à des attaques qui étaient loin de vous être personnelles, vous le savez. Il ne nous convient pas de pousser plus loin personnellement cette polémique qui devient oiseuse. Maladroitement vous avez refusé [2.1]la planche du salut qu’une main secourable vous tendait. Votre orgueil s’applaudit, car vous aussi vous avez fait de la force. Eh bien, soit : si votre tems est précieux, le nôtre ne l’est pas moins. Vous voulez connaître les plaintes qui sont portées contre vous, bientôt vous les connaîtrez, et d’une maniére plus efficace. Allons, Messieurs, enveloppez-vous dans votre dignité. Marchez la tête haute, le précipice est à deux pas, marchez toujours. Vous êtes fâchés qu’on vous ait averti. C’est dommage ; adieu donc, très-hauts et puissans seigneurs. Nous vous abandonnons, quant à présent, à votre concience, et à la reconnaissance des collègues qui vous ont élus. Si par résipiscence il vous convenait de répondre à nos articles, nous pourrions alors oublier vos torts envers nous dans l’intérêt de la chose publique, mais jusque là vous nous permettrez d’être sobres dans nos paroles. Car aujourd’hui comme hier nous sommes obligés de vous dire : nous attendons votre réponse, des milliers de lecteurs l’attendent. Si vous croyez sérieusement avoir répondu, nous vous plaignons.

Quant à votre collègue M. Charnier, il paraît qu’il a compris sa mission et qu’il est honteux de n’avoir pu l’accomplir, puisqu’il n’a pas cru devoir s’associer à votre réponse ; il aurait peut-être dû s’en expliquer ; les demi mesures ne sont plus permises en France.

Notes de base de page numériques:

1 L’auteur de ce texte est Marius Chastaing d’après la Table de L’Echo de la Fabrique (numéros parus du 30 octobre 1831 au 30 décembre 1832).

 

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