L'Echo de la Fabrique : 7 avril 1833 - Numéro 14

LA FERRANDINIÈRE i.

[6.2]Air de la Parisienne.

Ferrandiniers, l’heure est venue
Où l’on doit vivre en travaillant ;
A l’égoïsme qui nous tue
Opposons un vouloir puissant,
Le chaînon sacré qui nous lie
Nous offre une nouvelle vie.

Refrain :
En avant, marchons !
Avec nos patrons,
Et sur les abus tous ensemble frappons,
Sauvons notre industrie.

Au parvenu qui nous méprise
Et s’enrichit de nos travaux ;
Apprenons que notre devise
Est salaire honnête ou repos :
Du premier naîtra l’harmonie,
Du second naîtrait l’anarchie.
En avant, etc.

Ne regardons pas en arrière,
Nos yeux se rempliraient de pleurs ;
Entrons gaîment dans la carrière,
Le chemin se pare de fleurs ;
En sortant de notre agonie
Suivons cette voix qui nous crie :
En avant, etc.

Pour paralyser l’arbitraire,
Et rendre ses coups impuissans,
Loin de brandir le cimeterre,
Croisons nos bras, serrons nos rangs
Dans cette attitude hardie,
Qui nous rappelle un grand génie.
En avant, etc.

Au lieu de justes conquêtes,
Eprouvons-nous quelques revers,
Gardons-nous de courber nos têtes,
Les Français seront toujours fiers ;
C’est à genoux qu’on s’humilie,
Debout, chacun de nous s’écrie :
En avant, etc.

Si la France un jour nous appelle,
En nous elle aura des soldats,
Disciplinés et pleins de zèle,
Aguerris dans plusieurs combats.
Adieu, Lyon, ô ma patrie !
Adieu surtout, mèreii chérie !
En avant, marchons !
Et vous, nos patrons,
Lorsqu’au champ d’honneur pour tous nous combattrons,
Sauvez notre industrie.

14 février 1853.

J. M.....

Nota. Nous prévenons le public que ce chant prolétaire étant la propriété de son auteur, il ne peut être réimprimé ni vendu sans sa permission.

Notes de fin littérales:

i Les compagnons de la fabrique ont adopté le titre de Ferrandiniers.
ii La mère des compagnons.

 

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