L'Echo de la Fabrique : 22 avril 1832 - Numéro 26

AU RÉDACTEUR.

Monsieur,

Veuillez, dans l’intérêt général et pour éviter toutes difficultés entre les négocians et les chefs d’ateliers, rectifier une erreur qui s’est glissée dans votre dernier N° ; erreur, sans doute, involontaire de votre part, puisque vous la répétez d’après le conseil des prud’hommes.

Vous avez dit que le déchet, pour les soies cuites ou souples, était fixé à 12 deniers par livre ou 3 p. 100 ; ce que vous avancez est entièrement au détriment de l’ouvrier, et peut devenir une perte considérable pour lui dans le courant d’une année.

Ainsi, supposant qu’une pièce fabriquée pèse 300 gr. le déchet de 12 deniers par livre sera, par l’opération la plus simple, en prenant le tiers et retranchant le dernier chiffre de 100 gr., usage qui se pratique dans les meilleures fabriques ; tandis que si vous prenez le 3 p. 100 pour base, vous n’aurez pour déchet que 90 gr. ; pareillement sur les laines et bourres de soie, où le conseil a fixé le déchet à 18 deniers, c’est-à-dire 4 1/2 p. 100 ; la même erreur existe, au lieu de 4 1/2 p. 100 pour correspondre à 18 deniers, c’est le vingtième qu’il faut prendre, et vous aurez sur le poids de 3,000 gr. pour déchet, à 18 deniers, 150 grammes ; tandis que [5.2]par le 4 1/2 p. 100, vous n’aurez que 135 gr., ce qui occasionnerait sur les laines et bourres de soie, article où l’on emploie beaucoup de matières, des pertes considérables à l’ouvrier.

Ces erreurs, comme je viens de le prouver, ne reposent que sur un mal-entendu, puisque le 3 p. 100 ne correspond pas à 12 deniers par livre.

Agréez, etc.

M. P.

 

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